1- Veuillez-vous présenter s’il vous plait.
2- Parlez-nous un peu du métier de UI Designer. En quoi cela consiste exactement ?
L'UX (User eXperience) Design c'est la conception de l'expérience utilisateur. Je sais, ce n'est pas plus clair. (rires) En fait c'est une discipline qui vise à améliorer l'expérience globale de l'utilisateur lorsqu'il interagit avec un produit ou un service, qu'il s'agisse d'un site web, d'une application mobile, d'un logiciel, ou même d'un objet physique. L'UX Designer conçoit des interfaces numériques (sites web, applications mobiles, logiciels, etc.) qui doivent être faciles à utiliser, intuitives et agréables pour les utilisateurs. L'UX designer se concentre sur la manière dont les utilisateurs interagissent avec un produit ou un service, en prenant en compte leurs besoins, leurs motivations, leurs émotions, ainsi que les contextes d'utilisation. C’est la bonne UX qui va faire qu’entre deux applications qui offrent exactement le même service aux mêmes coûts, vous allez en préférer une plutôt que l’autre. C'est un domaine à la croisée des chemins entre l'informatique, la psychologie, le design, la stratégie et la conduite de projets. (Oui, je sais, ça fait beaucoup. Rires)
3- Comment un littéraire de formation, un ex juriste en formation, fait un revirement à 360 degrés
et s’en sort dans un domaine qui est plus scientifique que littéraire ?
il faut savoir qu’en réalité j’ai toujours été passionné par l’informatique. Je programmais depuis la classe de Première au lycée. Après mon bac, je ne pouvais malheureusement pas entrer dans les principales écoles d’informatique du pays à cause de mon bac littéraire. Et franchement je crois que je n’aurais pas réussi les concours d’entrée de ces écoles dont les épreuves étaient essentiellement des maths et des physiques. Dieu sait que je détestais les maths au lycée (rires) Donc c’est ainsi que je me suis retrouvé en fac de droit sur conseil de mon père. J’ai commencé les cours, validé un certain nombre de matières mais après 3 ans il fallait se rendre à l’évidence, je n’étais pas passionné par le droit et je n’étais pas assidu. Je passais plus de temps dans les ordinateurs. Et c’est là que j’ai convaincu mes parents de me laisser arrêter le droit et repartir à zéro dans études en BTS Développement d’applications. Pour plusieurs raisons, ça n'a pas été évident mais finalement ça s'est fait. C'était ma première transition. La seconde s'est faite quelques années après mon diplôme en Génie logiciel et un peu plus d'un an à travailler en tant que développeur web. Je me suis rendu compte que je n'étais pas passionné par le code informatique pour le code, comme c'est le cas pour certains. Ce que j'aimais le plus, c'était de créer des expériences satisfaisantes pour les utilisateurs de mes produits digitaux. D'échanger avec eux, comprendre leurs besoins et faire en sorte que le produit comble ces derniers. Qu'ils prennent plaisir à l'utiliser et que ce dernier améliore leur quotidien. Et j'ai découvert qu'il y avait tout un métier autour de cela (UX/UI Design) et j'ai compris que c'est ça que je voulais faire vraiment dans la vie, que c'est ca qui me donnerait envie de me lever chaque matin pour aller travailler pour les prochaines années.
4- Quels conseils pour un cadet passionné par ces domaines mais embarqué en domaine littéraire ?
J’ai 4 petits conseils :
- Le premier est le suivant : il y a toujours moyen de faire ce qui nous donne vraiment envie. Les exemples de reconversion
à 360° sont légions de nos jours. Il faut bien s'informer sur les différentes possibilités existantes. Pour moi, ça a été
de passer par un BTS quand je ne pouvais pas entrer dans des écoles d'ingénieurs à proprement parler.
- Le second conseil n'en est pas vraiment un mais plutôt un retour d'expérience. C'est le suivant :
très souvent on est mauvais dans des matières parce qu’on s’est convaincu qu’on ne les aime pas ou parce qu’on n’aime pas le professeur.
Parfois ce dernier est vraiment mauvais pédagogue et il va dégouter des élèves comme ça d'un domaine. Mais il ne faut pas s'arrêter à ça.
Si on est prêt à faire les efforts qu’il faut, on pourrait être surpris des résultats. Moi c'était les maths. Du collège au lycée,
j'étais convaincu que je détestais ça et j'étais vraiment mauvais du coup dans cette matière, c'est un fait. Mais quand j'ai choisi
de faire mes études en informatique, j'ai demandé à des amis en fac de sciences de m'aider. On a repris les bases, et petit à petit, j'ai aimé ça.
J'ai découvert que c'était juste du jeu et que ce n'était pas très différent de l'algorithmique dans lequel j'excellais.
Je ne suis pas devenu pour autant un crack en maths mais j'ai pu avoir ainsi le niveau nécessaire pour traverser des études en Génie logiciel.
- Le 3eme conseil c'est qu'il faut se battre pour ce qu’on aime. Et ne pas hésiter à sortir des sentiers battus. Quand j’ai commencé à m’intéresser
à L’UX/UI, c’était un domaine (ça l’est toujours un peu) totalement méconnu au Togo. Le plus proche confrère avec qui je pouvais échanger se
trouvait à des kilomètres, à Cotonou. Ça ne m’a pas arrêté. Le corollaire de ce conseil est qu'il faut aimer ce qu'on fait. En être passionné.
C'est la base pour réussir dans la vie. Il ne faut pas faire les choses parce que les autres/tout le monde les fait. Il ne faut pas hésiter
encore une fois à tracer sa propre voie.
- le 4eme conseil va faire un peu cliché mais c'est une réalité : ne laissez personne vous dire ce que vous êtes capable d’accomplir ou non.
Je ne compte pas le nombre de personnes (des amis de la famille, la famille, des professeurs même parfois) qui m'ont dit ou dit à mes
parents que j'allais galérer en informatique et que j'allais échouer parce que je n'avais pas le niveau en maths. Pour beaucoup,
ça partait d'une bonne intention. Ils étaient sincèrement préoccupés et avaient peur de me voir perdre mon temps et de l'argent que
ma modeste famille ne pouvait pas se permettre de perdre. Si je les avais écoutés, peut-être que je serais encore en train de ”traîner”
sur le campus de Lomé en fac de droit. Mais j'étais convaincu que j'allais faire ce qu'il faut pour y arriver. Résultat : j'ai été tout
au long de mon parcours licence en informatique parmi les 5 premiers de ma promotion devant des gens qui venaient de Bacs scientifique